Victime de phishing : votre banque doit d’abord vous rembourser

3 min de lectureCyber & IA

Un faux SMS de livraison, un lien, un code saisi trop vite. Quelques minutes plus tard, votre compte est débité. Beaucoup de banques refusaient alors de rembourser, en reprochant au client une « négligence grave ». Un arrêt européen rendu le 15 octobre 2026 rappelle que cette pratique n’est pas permise. Gérants, responsables de club et indépendants utilisent chaque jour leurs accès bancaires. Ces règles vous concernent.

Ce que la Cour de justice a décidé

L’affaire vient de Pologne. Une cliente reçoit le lien d’un faux acheteur. Elle arrive sur un site qui imite celui de sa banque et y tape ses données. Bilan : 700 euros perdus. Sa banque refuse de la rembourser et invoque une négligence grave.

Dans son arrêt C-70/25, la Cour de justice de l’Union européenne donne tort à la banque. Celle-ci doit rembourser l’opération non autorisée au plus tard à la fin du premier jour ouvrable qui suit le signalement. Si elle juge que le client a commis une faute grave, elle peut ensuite lui réclamer la somme. La preuve de cette négligence est alors à sa charge, devant un juge.

Cette règle s’impose à toutes les banques actives en Belgique.

Une seule exception, et une condition pour vous

La banque peut retenir le remboursement dans un seul cas. Elle doit avoir des raisons objectives de penser que le client est lui-même le fraudeur. Elle doit alors signaler ce soupçon par écrit à l’autorité nationale compétente.

De votre côté, une condition s’applique : signaler l’opération sans retard injustifié. Appelez donc votre banque dès que vous repérez le débit.

L’arrêt parle du consommateur. Pour un compte professionnel, relisez les conditions générales de votre banque ou demandez-les à votre conseiller.

Les bons réflexes dans l’heure qui suit

Dès que vous découvrez un débit suspect :

  • Appelez le service fraude de votre banque.
  • Faites bloquer vos cartes via Card Stop au 078 170 170.
  • Changez vos codes et le mot de passe de votre banque en ligne.
  • Faites des captures d’écran du message, du faux site et de l’opération.

Le jour même, contestez la transaction par écrit, par courriel ou via la messagerie de votre application bancaire. Citez l’arrêt C-70/25 de la CJUE et joignez vos captures. Gardez une copie de chaque échange.

Plainte, signalement et recours en cas de refus

Dans les jours suivants, portez plainte à la police ou en ligne sur policeonweb.be. Transférez aussi le message frauduleux à suspect@safeonweb.be. Le Centre pour la Cybersécurité Belgique a recensé plus de 40 000 messages de phishing signalés par jour au premier trimestre 2026.

Si votre banque refuse en invoquant une négligence grave, répondez par écrit que ce motif ne permet pas de refuser le remboursement. Demandez-lui si elle vous soupçonne de fraude et si elle l’a signalé à l’autorité.

Le refus persiste : saisissez Ombudsfin, le médiateur des services financiers. La démarche est gratuite si le litige date de moins d’un an, et la réponse arrive en principe sous 90 jours. En dernier recours, le juge de paix traite les litiges jusqu’à 5 000 euros. Vous pouvez vous y défendre sans avocat.

À retenir

  • Enregistrez dans votre téléphone le numéro du service fraude de votre banque et celui de Card Stop, 078 170 170.
  • Signalez toute opération suspecte à votre banque dès que vous la repérez.
  • Contestez la transaction par écrit le jour même, en citant l’arrêt C-70/25.
  • Transférez chaque message suspect à suspect@safeonweb.be.
  • En cas de refus, saisissez Ombudsfin dans l’année qui suit.

Source : Testachats, « Fraude bancaire : votre banque doit vous rembourser », 15 octobre 2026

L’équipe Magelan, éditeur de logiciels et service informatique à La Louvière.

Tous les articles

À lire aussi

Une question sur votre informatique ?

L’équipe de La Louvière vous répond du lundi au vendredi, de 10 h à 17 h.

Aller en haut