L’intégration de Web Services / API : de 5 000 à 150 000 euros

Là où beaucoup d’applications se contentaient, il y a quelques années, d’embarquer un lecteur de flux RSS, la grande majorité d’entre elles, exception faite de quelques applications promotionnelles, sont connectées à un système d’information qui expose ses données. Réservation de billets d’avion, accès à un catalogue marchand, recherche d’annonces immobilières… Dès que les services rendus par une application deviennent complexes à mettre en œuvre, une liaison entre l’application mobile et les systèmes d’information du client devient nécessaire. « Et pour cause, le client ne comprendrait pas ne pas disposer du même niveau de service sur mobile, tablette et sur le Web », explique Vincent Frattaroli de l’agence Backelite.

Entre 40 et 50 euros dépensés dans le SI, pour chaque euro en front mobile

Rendre interopérables les systèmes d’information d’une entreprise avec une application mobile constitue en général le principal défi que les agences mobile doivent relever. La rapidité d’un raccordement d’une application à un système d’information dépend essentiellement de l’état et de la qualité des Web services du client, mais également de la complexité des données à récupérer et à traiter. « Les clients ont dû faire évoluer leurs systèmes d’information en conséquence et développer des back-office intermédiaires. De sorte que chaque euro investi en « front » sur mobile a parfois coûté entre 40 et 50 euros au niveau du système d’information », précise Vincent Frattaroli. Un acteur du secteur évoque par exemple six à huit mois de travail pour raccorder l’application mobile d’un gros site marchand à ses systèmes d’information. « C’est un travail d’autant plus nécessaire qu’il s’agit de remodeler l’architecture d’un système d’informations pensé alors que la présence digitale se résumait à un seul canal, le Web, confirme Renaud Ménérat de l’agence UserAdgents. Et pour cause, on ne va pas appeler toutes les informations de la page lorsqu’on est sur mobile, ce serait trop lourd et fastidieux. »

Entre 5 et 10 intégrations à des Web Services en moyenne pour une application

En termes de développement, la palette des possibles est très large, en fonction du degré de complexité et d’exigence. Dans les cas les plus simples, l’interfaçage avec les systèmes d’information d’un client peut prendre 10 à 15 jours, soit une facture évaluée entre 5 000 et 10 000 euros. Dans le cas d’applications lourdes, les délais montent davantage à un mois de travail, pour un montant estimé aux alentours de 15 000 euros. Dans les cas les plus complexes, l’addition peut approcher, voire dépasser les 100 000 euros. Aujourd’hui, les applications sont souvent connectées à au moins 5 web services. « Une application bancaire, c’est plus ou moins 3 mois d’intégration et de 100 à 150 000 euros de développement », analyse Vincent Frattaroli. Un investissement important mais nécessaire. « La qualité d’une application passe par sa fluidité. C’est plus vrai que jamais avec iOS11  sur lequel il serait dommage de gâcher les efforts accomplis en matière de design et d’ergonomie, en mégotant sur cet aspect-là », conclut Renaud Ménérat.

Une solution de paiement : de 1 500 à plus de 10 000 euros

Toutes les applications mobiles ne sont pas destinées à une activité transactionnelle. Certaines applications proposent cependant à leurs utilisateurs de dépenser de l’argent depuis leur iPhone. Pour cela, plusieurs briques de paiement peuvent être utilisées. Apple permet de proposer des achats intégrés dans une application, mais autorise également les paiements alternatifs type iTunes ou Google Checkout, particulièrement utilisés pour le paiement de biens dématérialisés.
« Avec la montée en puissance du m-commerce, qui pèse pas loin de 10% de l’e-commerce, le vrai sujet reste toutefois l’intégration du paiement par carte bancaire », indique Renaud Ménérat. Il est possible d’intégrer des briques de paiement par carte bancaire, de paiement opérateur (MPME) ou de systèmes de paiement comme Paypal. « La brique de paiement par carte bancaire reste relativement longue à intégrer, car elle dépend généralement du prestataire de paiement auquel fait appel le marchand pour son site Web traditionnel », indique Renaud Ménérat. Si le marchand dispose déjà d’une interface de paiement Web, ce n’est généralement pas très compliqué et ne nécessite que quelques jours de développement. Entre quatre et cinq jours peuvent suffire.Ogone a, par exemple, mis au point des API ouvertes qui permettent d’intégrer le même système de paiement que sur le Web. Si le fournisseur de solution de paiement par carte bancaire ne propose pas de brique de paiement mobile, l’intégration d’une telle fonctionnalité d’intermédiation de paiement peut prendre beaucoup plus de temps. Plus d’une dizaine de jours de développement peuvent ainsi être nécessaires. De quoi faire passer la facture d’environ 1 500 euros à plus de 10 000 euros. 

Un « store locator » : de 1 000 à 10 000 euros

Il s’agit de l’une des fonctionnalités les plus prisées par les clients « brick and mortar » des agences mobile. Le store locator, qui permet à l’utilisateur de trouver un point de vente le plus proche permet en effet de générer du trafic et donc du chiffre d’affaires en magasin. Relié à un service de cartographie, ce type de contenu est par ailleurs très adapté à un usage en mobilité et son adoption a été de pair avec la montée en puissance des stratégies « drive-to-store ». L’intégration d’un module de cartographie ne pose en soi aucune difficulté et se fait rapidement. La principale complexité concernant ce type de service réside dans l’harmonisation et le géotagging (marquage des coordonnées GPS) des adresses de points de vente. « Il faut parfois travailler sur des bases de plusieurs milliers d’enregistrements concernant plusieurs pays dont les normes en matières d’adresses sont différentes », note Renaud Ménérat. Certaines agences sont obligées de faire appel à des traducteurs pour identifier des adresses dans les pays utilisant des alphabets différents, comme la Chine ou le Japon.

Les BDD sont-elles géotaggées ?

Tout dépend par ailleurs de l’état des bases de données fournies par le client. Si ce dernier propose déjà un service similaire sur son site l’intégration de cette fonction peut être rapide. Ce n’est pas toujours le cas. Les agences sont par ailleurs souvent contraintes de travailler sur plusieurs bases : à la fois celle de leurs clients, et celles de ses réseaux de distributeurs. Dans l’idéal, le coût de l’intégration d’un store locator peut démarrer aux alentours d’un millier d’euros.Le travail de retraitement des données fait plus généralement grimper ce tarif en moyenne à 5 000 euros. Il peut cependant coûter aux environs de 10 000 euros dans les cas les plus complexes. « Ici encore, le coût est très flexible, variant selon le degré d’exigence du client quant au déploiement de la fonction, et notamment la rapidité avec laquelle la carte se rafraichit lorsqu’on sort d’une zone ou que l’on zoome ou l’on dézoome », analyse Renaud Ménérat. D’autres fonctionnalités peuvent rendre la chose encore plus complexe et coûteuse avec, comme dans l’immobilier, la possibilité pour l’utilisateur d’entourer un périmètre de recherche avec le doigt et de faire remonter ainsi les annonces correspondantes. « Le succès du drive-to-store a également fait naître de véritables stratégies en matière de couponing, avec l’envoi d’une notification dès que l’utilisateur rentre dans une zone, pour distribuer un coupon via le Passbook », précise Renaud Ménérat.

Une charte graphique : entre 10 000 et 50 000 euros

A l’instar d’un site Internet, l’univers graphique d’une application n’est pas un aspect anecdotique de son développement. « C’est d’autant plus vrai aujourd’hui que le mobile est de plus en plus souvent la porte d’entrée au sein de l’univers de la marque, sa vitrine », explique Vincent Frattaroli. Et ce dernier d’ajouter que nombre de ses clients, lorsqu’ils refont leur site Web, s’inspirent d’ailleurs de ce qui a été fait sur mobile.

L’univers graphique et le travail de l’ergonomie sont des aspects fondamentaux dans la création d’une application car ils constituent des éléments très différenciants. « L’arrivée d’iOS 7 et du flat design a redonné beaucoup de libertés aux marques, les codes ergonomiques imposés sont beaucoup plus rares », note Vincent Frattaroli. Mais l’arrivée du nouvel OS d’Apple a également rendu plus importante la nécessité de travailler la fluidité des mouvements et les transitions, pour proposer l’expérience utilisateur la plus aboutie possible. Cette contrainte se ressent au niveau du portefeuille. « Le poste peut représenter jusqu’à 50 000 euros, si ce n’est plus », chiffre Renaud Ménérat. Car le mobile, de plus en plus, conduit à la création d’une charte, et les droits qui lui sont associés peuvent être coûteux. « L’essor d’Android a d’ailleurs fait naître des applications ‘platform agnostic’ au sein desquelles ce n’est plus l’OS qui impose ses codes, mais la marque qui définit les siens ».

Jusqu’à 30% du budget d’une application

Pour qu’une application iPhone soit remarquée, il faut d’abord qu’elle soit remarquable. Le travail créatif d’une application concerne l’élaboration de storyboards, de visuels, d’animations et d’éléments de navigation (menus, boutons, etc.).  Une tâche qui peut se révéler longue, près d’un mois et qui peut représenter, selon certains prestataires, entre 25 et 30 % du budget de développement.

La gestion de projet : entre 5 000 et 30 000 euros

A la convergence de nombreux métiers et de nombreuses compétences, le développement d’une application mobile relève de plus en plus de la véritable gestion de projet et n’échappe pas, à ce titre, aux coûts afférents à son pilotage. « La facture va représenter entre 15 et 30% du budget de développement selon la méthode choisie », précise Renaud Ménérat. Vous pouvez en effet opter pour plusieurs approches.

La plus traditionnelle, du type « cycle en V », consiste à définir assez précisément la manière dont les choses devraient se passer et permet de limiter le retour aux étapes précédentes, en cas d’anomalie. Elle se morcelle entre phase de conception, de réalisation (codage) et validation. Chaque étape ne pouvant être réalisée qu’une fois que l’étape précédente est terminée, ce qui diminue les prises de risque sur le projet. Une perte de flexibilité qui permet de s’assurer contre les mauvaises surprises mais alourdit un peu les coûts, contrairement à la méthode dite agile/Scrum qui met l’accent sur l’affinement en cours de développement.

Un poste qui permet d’envisager des économies en temps de développement

Le temps-jour-moyen d’un chef de projet est en général supérieur à celui d’un développeur, le poste de dépenses sera donc en lui-même onéreux mais source d’autres économies. Renaud Ménérat explique ainsi qu' »une bonne méthodologie peut vous faire économiser entre 15 et 30% du temps de développement ».

Le test et la recette de l’application : entre 2 000 et 20 000 euros

L’interfaçage de plus en plus fréquent des applications aux systèmes d’information et la fragmentation des OS ont considérablement alourdi des frais de « tests » devenus incontournables. « Ces derniers peuvent représenter jusqu’à 20% du temps de développement », note Renaud Ménérat qui égrène toute une liste de tâches telles que « s’assurer que le mode avion fonctionne, vérifier la synchronisation des données, observer les rendus sur Android, iOS voire Windows Phone et j’en passe… » Un constat que partage Vincent Frattaroli : « C’est sans doute le poste de dépenses qui a le plus augmenté ces dernières années. Preuve de son importante croissance, ce sont aujourd’hui 4 collaborateurs qui s’y adonnent à temps plein chez Backelite ».

Il n’est pour autant pas toujours facile de justifier cet investissement auprès de clients dont l’impatience augmente à mesure que l’échéance approche. Renaud Ménérat préfère d’ailleurs se dédouaner de cette obligation en faisant appel à un prestataire, comme Stardust. « A noter que certains outils, tel que Flytest, permettent de faire remonter automatiquement tous les « crash » et « bug » d’application qui peuvent exister. »

Des mauvais commentaire sur l’App Store peuvent avoir un impact terrible

Car les enjeux sont importants et le moindre impair peut se payer cash. « Les utilisateurs font aujourd’hui remonter le moindre bug et n’hésitent pas à s’en émouvoir dans les commentaires de l’application, au sein des app store. Vu la résonance de ces derniers, la moindre déconvenue peut avoir de véritables répercussions sur le nombre de téléchargements », analyse Vincent Frattaroli.

Intégrer des éléments en 3D : entre 1 000 et 30 000 euros

Une pratique qui reste très rare en France

Cependant, dès qu’on utilise Open GL, les tarifs s’envolent parce qu’il devient nécessaire de faire du sur-mesure. Selon certaines agences, une application de casual gaming nécessitant un moteur 3D (Open GL) peut prendre près d’un mois de développement, pour un coût estimé entre 30 000 et 50 000 euros.  Les véritables jeux de plateforme peuvent eux varier entre 300 000 et 500 000 euros.

En dehors des jeux, l’intégration d’éléments en 3D dans une application (utilisant la réalité augmentée par exemple) peut également fortement varier. Intégrer des éléments en 3D peut aller d’un seul jour pour un objet simple à modéliser à 25 jours pour plusieurs objets complexes et dynamiques. Pour ce type de prestations, mieux vaut compter entre 1 000 et 15 000 euros.

Promouvoir son application : de 50 000 à 500 000 euros

Poste souvent négligé par les entreprises, le budget de promotion de l’application est pourtant primordial. « Les budgets ont augmenté au cours des dernières années, tout simplement parce que la concurrence s’est intensifiée, note Renaud Ménérat. Il est aujourd’hui nécessaire de dépenser entre 50 et 100 000 euros pour émerger, contre 10 et 20 000 avant. » En dessous de ce montant, il ne vous faudra pas espérer de résultats significatifs.

Le fonctionnement de l’algorithme de l’App Store, bien que modifié récemment, donne encore la primauté à une stratégie marketing adossée sur la création de temps forts, avec la nécessité de générer beaucoup de téléchargements en un laps de temps relativement restreint. L’ancien faiseur de rois, Appgratis, dont l’application a été évincée de l’AppStore, reste une solution relativement puissante sur la foi de sa base d’e-mailing. Couplée à une solution comme Vente Privée Apps, qui vous coûtera entre 10 et 15 000 euros. Un autre bon complément reste les Facebook Ads qui, insérées au milieu du fil d’actualité de l’utilisateur, s’avèrent être un beau levier de promotion, sans doute moins explosif mais plus continu, que les deux solutions précitées. Le CPC s’établit entre 0,25 et 0,50 euro.

Display, search, auto-promo… Multipliez les leviers

Selon certaines agences, le budget de communication d’une application mobile tourne en moyenne entre 30 000 et 50 000 euros et est encore souvent équivalent à celui de son développement. Son montant varie cependant très fortement. Les rares propriétaires à engloutir plusieurs centaines de milliers d’euros ont généralement développé une application poussée, conçue comme une source directe de chiffre d’affaires additionnel. Pour les plus économes, l’autopromotion auprès de ses clients par e-mail ou sur son site Web est la solution la plus économique. D’autant qu’elle concerne une clientèle qui vous est a priori acquise.

Certaines entreprises louent également des bases de numéros de mobiles (compter entre 150 et 250 euros pour 1 000 numéros) pour démarcher de futurs utilisateurs potentiels. La publicité sur mobile est également encouragée, qu’il s’agisse de liens sponsorisés (compter entre 0,20 et 0,50 euro du clic en moyenne) ou de display (compter 10 euros du CPM en moyenne ou entre 0,20 et 0,50 euro du clic pour les réseaux à la performance). La facture peut encore augmenter avec de la publicité sur l’Internet traditionnel, en presse et même en télévision.